Empêcher à la femme d’être une femme: Cas du Cameroun

Tu n’auras point de seins. Dites cette phrase à une femme et elle vous regardera avec un air incompris. Comment une femme ne devrai-t-elle pas avoir de seins? Cela ne serai pas contre-nature? Si avoir des seins vous semble comme la chose la plus normal pour une femme, laissez moi remettre vos pensées en cause en vous emmenant faire un tour au Cameroun à la découverte du "repassage des seins".

Au Cameroun, et dans bien d’autres pays en Afrique, mais principalement au Cameroun, cette pratique est le supplice d’une fille sur 4. Il s’agit d’un "massage" particulièrement douloureux de la poitrine féminine afin de ralentir au maximum sa croissance. Le but final étant d’éloigner la fille de toute tentation sexuelle et attirance vis-à-vis des hommes.

Dès la première apparition des seins, signe majeur d’une puberté proche ou déjà accomplie, les mères, grand-mères et matrones du village se livrent à cette pratique sur les jeunes filles. La technique est aussi horrible que la stupidité de sa justification. Les instruments utilisés peuvent être des pierres ou encore des gros morceaux de bois qui viennent écraser au maximum la poitrine naissante de ces filles. Le pire, c’est que ces instruments sont chauffés et brûlants. Une victime offre son témoignage à afrik.com

Un jour, ma mère m’a appelée et elle a commencé à me masser les seins avec une pierre chauffée dans le feu. Elle avait un chiffon pour ne pas se brûler et a posé la pierre brûlante sur moi. Elle disait qu’il fallait que la pierre soit bien chaude pour casser le ‘noyau’ qu’il y a quand les seins poussent. Ça faisait très mal. Quand elle massait, je criais tellement que les voisins venaient voir ce qui se passait dans la cuisine.

Cette vidéo très explicite met en scène la méthode utilisée, même si la réalité est bien pire.

Pourquoi ?seins_presses2

Le repassage des seins vient gonfler le bloc des mutilations faites aux femmes. Surtout de ces mutilations faites aux femmes par des femmes. L’origine n’est pas religieuse ou culturelle. Il n’y a aucune initiation à la vie de la femme qui justifie cette pratique. À vrai dire, le peu d’experts penchés sur la question ne peuvent dire que la volonté est surtout sociale. Dans beaucoup de sociétés où les discussions liées au sexe sont tabou, les mutilations, interdits et autres discriminations sont monnaie courante. Très souvent les filles et les femmes en sont les première victimes.  Les mères essayent de protéger leurs filles des hommes, des grossesses non désirées et de la débauche. Trop lâches pour s’en prendre aux hommes, elle trouvent la solution en s’en prenant au corps de leurs filles. Plus le corps sera moins féminisé, en d’autres termes plus il sera mutilé, moins leur filles seront dans le viseur des hommes. Pourtant la réalité est bien différente car il n’a pas été prouvé que cette pratique retardait l’activité sexuelle des filles ou qu’elle réduisait les grossesses non désirées. Les filles ayant contracté des grossesses non désirées dès leurs jeunes âges avaient-elle toutes des poitrines bien fières et bien matures? J’en doute.

Une pratique sous silence

Contrairement à l’excision dont la connaissance et la lutte sont bien vulgarisées, même au delà des frontières africaines, le repassage des seins reste encore sous silence. Pourtant le mal physique et psychologique sont bien présents. C’est dans le silence que les atrocités sont accomplies, mais surtout qu’elles perdurent à travers les générations. Le repassage des seins est contre nature. Ces victimes sont amenées à ne pas aimer leur corps, un corps qui s’affirme naturellement. À refouler leur condition de femme en devenir. Pourquoi empêcher à une femme de devenir une femme ?

Des campagnes s’élèvent de plus en plus pour lutter contre cette pratique. Mais comment en vouloir à ces mères qui ne font que répéter sur leur fille l’éducation dont elles ont été aussi victimes. C’est la raison pour laquelle les méthodologies actuelles cherchent à combler ce fossé. Elles ont pour armes principales la sensibilisation, la communication entre les parents et les enfants, mais aussi la scolarisation des filles. C’est dans la vulgarisation de ces mutilations que le changement pourra s’opérer. Le combat est long certes, mais tant qu’il existera des associations qui travaillent d’arrache-pied afin de faire reculer ces mutilations.

8 réflexions sur “Empêcher à la femme d’être une femme: Cas du Cameroun

  1. woooh c’est violent ca!
    ben dit donc j’etait pas au courant de ca
    comme quoi on en apprend tout le jours!
    merci pour cet article enrichissant Ramatoulaye Moussa Mazou !
    on doit bannir toutes actions de violences physiques ou morales a l’encontre des femmes et de tout etre vivant en général!
    j’ai pas eu le courage de regarder la vidéo!

  2. <>cest la meilleure phrase de cet article,elle decrit non seulement l’ignomit de la chose mais aussi sa sottise. je reste convaincue que sensibliser de suffira point Il faut une vraie ducation pour y mettre fin, et la religion doit en etre le moteur.

    Bravo pour la qualit de l’crit, je suis totalement sduite ;-)

  3. ça c’est plus que l’excision, c’est vraiment un crime…comment peut on faire ça à un etre humain? ont elle demandé d’être fille? vraiment je n’ai même pas les mots pour dénoncer cette cruauté! am just chocked…rien ne justifie de repeter la même douleur qu’elles ont subi à leurs propres sang,toutes ces mères ne peuvent pas etre pour cette pratique ignoble.
    Le combat est certe long mais je crois que sans l’implication des leaders réligieux et coutumiers(parce qu’ils sont aussi complice vu q’ils sont pères et frères) le combat sera vain.

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